L’HISTOIRE REJOINT L’IMAGE
GRECS ET ROMAINS
Hercule, le demi-dieu, fils de Zeus et d’Alcmène part pour effectuer son onzième travail, récupérer les pommes d’or du jardin des Hespérides. Ses pas vont ainsi l’amener sur ce site enchanteur que Pline, Ptolémée, Lucain, et tous les géographes de l’Antiquité désignent sous le nom de Port d’Hercule (contrairement à celui de Monaco qui se l’attribue aujourd’hui et qui était nommé Port Monœcus).
Grecs et romains vont se servir de cette rade exceptionnelle et lui donneront le nom d’Olivula Portus. Victimes des attaques répétées des barbares, les habitants vont quitter le bord de mer pour s’installer sur les hauteurs à Montolivo.
PROVENCE ET SAVOIE

En 1295, Charles II d’Anjou, comte de Provence, comprend l’importance stratégique de cette rade ; il va donc encourager les habitants à y revenir en leur octroyant une franchise de taxes, d’où le nom Villa Franca. À partir de 1388, avec la dédition de Nice, Villefranche revient au Duché de Savoie et va devenir le seul port du Comté de Nice, de la Savoie et du Piémont. Les français vont s’allier aux turcs et la flotte, commandée par Khayr ad-Din Barberousse, va attaquer la rade.
Le duc de Savoie, Emmanuel-Philibert, décide alors de construire le fort du Mont-Alban qui domine le site et la citadelle Saint-Elme où se déroule le festival. Le port de la Darse est aménagé pour construire des navires de guerre. Villefranche sera tour à tour française et savoyarde jusqu’en 1860 où elle sera définitivement rattachée à la France.
ANGLAIS, RUSSES ET AMERICAINS
C’est une nouvelle vie qui commence pour la cité. La belle époque voit arriver les touristes du monde entier en particulier Britanniques et Russes. Victoria y viendra régulièrement et l’impératrice Fédorovna fera même construire la route du bord de mer, son neveu, le tzar, ayant comme ambition d’installer à Villefranche la flotte russe de la Méditerranée.
Pourtant, à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale ce sont les Américains qui y installeront la 6° flotte dans le cadre de l’OTAN.

SCIENCE ET RECHERCHE
C’est la science et la recherche qui vont prendre le relais. L’observatoire océanologique de l’université Pierre et Marie Curie (Paris VI), abrite, à la Darse, sous la tutelle du CNRS les laboratoires d’océanologie, de géosciences marines et de biologie cellulaire.
Dans la deuxième moitié du XX° siècle, Villefranche prend le nom de Villefranche-sur-Mer. Quoi de plus naturel pour le premier port de croisières de France ?
PEOPLE
Un tel cadre ne pouvait qu’inciter les cinéastes à y venir tourner. Les plus gros succès tournés à Villefranche furent :
En 1983 : James Bond "Jamais plus jamais" avec Sean Connery et Kim Basinger
En 1986 : « Les Diamants du Nil » de Lewis Teague, avec Michael Douglas
En 1998 : « Ronin » de John Frankenheimer avec Robert De Niro et Jean Reno En 2006 Brice de Nice.
Si des écrivains célèbres ont résidé à Villefranche-sur-Mer, comme Katherine Mansfield, Jean Cocteau et Aldous Huxley, se sont aujourd’hui des stars du show-biz que l’on peut y rencontrer : Tina Turner et Bono, du groupe U2, y résident.
QUE RESTE-T-IL ?
En revenant de Rio de Janeiro, Eve Ruggieri fut interviewée par un journaliste. « Vous avez vu, madame, la plus belle rade du monde ? » Elle répondit : « La plus belle rade du monde, c’est celle de Villefranche-sur-Mer ! ».
C’est en effet dans un cadre préservé qui fleure bon les fleurs, la mer et l’histoire que se niche la cité. Ce n’est pas par hasard que le Festival International de l’Image et de la Photographie Numérique y a transporté ses pénates pour sa deuxième édition. Après les merveilles du Parc Phœnix en 2007, il fallait offrir aux participants un cadre digne des amoureux de l’image et de la beauté.
De toute cette histoire de Villefranche, il reste beaucoup de sites à visiter :
- La Citadelle Saint-Elme, où siége le Festival, imposante forteresse édifiée en 1557. Les pieds dans l’eau, elle est entourée de jardins et comprend quatre musées.
- La rue Obscure, couverte sur 130 mètres pour protéger les habitants des bombardements.
- La place du Conseil où se prenaient les décisions concernant la cité.
- La rue du Poilu où l’architecture des maisons va décroissant à chaque étage.
- L’église Saint-Michel, baroque avec un Christ gisant anonyme et étonnant.
- Le Port Royal de la Darse où se mélangent l’histoire et la plaisance.
- Le Chapelle Saint-Pierre du XIV° siècle, décorée en 1957 par Jean Cocteau pour ses amis les pécheurs.
- Le plateau Saint-Michel avec le plus beau point de vue de la Côte d’Azur et, le matin par temps clair, la Corse qui apparaît à l’horizon.
- Une plage immense à l’eau tiède et au soleil garanti…
Le Deuxième Festival International de l’Image et de la Photographie Numérique, vous accueille du 1er au 15 juillet 2008, dans un des plus beau sites du monde. C’est grâce à la municipalité dirigée par Gérard Grosgogeat et à l’intervention de Jean-Pierre Mangiapan, le premier président du jury en 2007, que toute une commune s’implique pour valoriser les œuvres des participants.
En 2008, la « Planète Terre » s’affiche au bord de la mer.
Christian Gallo.
